Le Nouveau et l’Ancien Testament dépendent l’un de l’autre. Ainsi Esdras et St Luc. L’Ancien Testament est une annonce, une promesse, un signe, une étoile sur le chemin, un début de réalisation. Avec Esdras, il s’agit de l’Écriture Sainte, lettre. Ce statut de lettre morte est signifié par le fait que le rouleau était enfoui, caché, abandonné, perdu, livre fermé. Mais l’Esprit a soufflé. Il a rendu prophète. L’Écriture est devenue Parole, redécouverte, vivante, non plus perdue. Écriture devenue Parole pour le Peuple. Écriture devenue Parole. Et le peuple est bouleversé de joie : la Joie du Seigneur de retrouver son Peuple, de retrouver le contact avec son Peuple, de pouvoir le prendre dans ses bras, comme le Père du fils prodigue, étouffant de Joie. Et le Peuple pleure, de joie lui aussi mais aussi de peine d’avoir laissé le Seigneur à l’abandon, à la porte, pleurant son enfant perdu.

Or voici Jésus. Si on est attentif, on voit qu’Esdras l’annonçait. La Parole insufflée par l’Esprit fait advenir le Oint, Celui recevant l’Onction, Messie du Seigneur, son Champion Sauveur. L’Annonce par Isaïe, parole vivante, était devenue Écriture, sainte mais Écriture. La voilà qui redevient Parole, Vivante, incarnée désormais dans le Messie vivant et agissant. ‘C’est aujourd’hui qu’Elle s’accomplit.’

L’Écriture se fait Parole et la Parole se fait vie communiquée, Alliance vécue, expérience spirituelle de pardon, de salut, de débordement de vie. Le Salut annoncé se vit.

Ce vécu, Parole vivante, va de nouveau être couché sur le papier – c’est toute l’entame de l’évangile de St Luc – devenir Écriture, dépôt de la Foi. Un fossile. Stable donc, solide, authentifié, authentique. Il dort. Mais voici que le Souffle de Dieu – qui fait non seulement prophète mais messie – le réveille, le réanime. Une génération nouvelle reçoit l’Annonce, la revit, se l’approprie. Dans un contexte différent, la voilà qui se réécrit. À la fois, la même et autre. La même chez Isaïe, Esdras et Jésus, bien qu’en plénitude en Jésus. Et désormais, Elle ne sera plus qu’Écriture Sainte sans cesse devant Parole vivante dans la vie de l’Église, accomplie, proclamée, incarnée en tous et chacun, en tous les recoins de la vie, de l’histoire.

Voilà comment, en Jésus, par Lui, le rejoignant dans son ‘C’est aujourd’hui qu’Elle s’accomplit’, l’Écriture nous est communiquée, devient Parole vivante en notre âme qui accueille. L’Alliance se vit dans chaque âme, dans le Peuple, Église.

L’Écriture devient vivante, s’actualise en nous et se transmet, chacune de nos vies devenant un dépôt de la Foi, une transmission d’expérience d’Alliance, une Écriture Sainte transmise aux générations.

Notons bien : si la revivification de l’Alliance, comme au temps d’Esdras, se produit, ce n’est pas pour un surcroît de reproches – pensons à l’accueil du Prodigue – mais pour un débordement de joie, une fête bien arrosée et partagée à tous. La Parole de Dieu n’est pas une menace mais un Appel, déchirant d’Espérance, Cri poussé à travers le Cœur de Dieu, Cri du Messie expirant, annoncé par David pleurant son fils : ‘Absalon, mon fils ! Mon fils Absalon ! Que ne suis-je mort à ta place ! Absalon, mon fils!’ En Jésus, cela s’accomplira.

Que la semaine de prière pour l’unité des chrétiens nous fasse percevoir que l’Écriture Sainte devenue Parole vivante est le ferment de l’Unité.