Nous savons l’importance de notre baptême. Longtemps on a pensé que le baptême était nécessaire à la Vie éternelle. Notre baptême est participation au Baptême du Christ. Voici ce qui se passe à notre baptême. Le viel-homme dépendant du péché originel est dissous ; l’homme nouveau est instauré, re-né en Dieu, pleinement enfant du Père, le Ciel entièrement ouvert, dans le souffle de l’Esprit-Saint. La sainteté même de Dieu est accessible. On devient membre du Corps du Christ, Église. La Trinité habite l’âme. Cela, comme un don gratuit, un héritage.
L’humanité toute entière est unie au Baptême du Christ, plongée, immergée dans le Jourdain, par Lui, avec Lui, en Lui. Contemplons ce Baptême du Christ puisqu’il est notre matrice, en laquelle nous sommes conçus de nouveau pour naître à la Vie nouvelle, la Vie éternelle, la Vie du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Jésus est le Messie, celui qui reçoit l’Onction, le Saint-Esprit. Dès sa conception, il est l’homme nouveau, la nouvelle création du Père, à travers lequel le Père restaure l’humanité, ne l’abandonne pas au péché, à la mort. Jésus est le Verbe qui a pris chair de la Vierge Marie. C’est pourquoi Jean ne comprend pas pourquoi Il se présente à son baptême de pénitence, de repentance. C’est que, homme nouveau, Il s’est revêtu de l’homme ancien, le pécheur. Il assume le péché, se fait péché, pour nous rejoindre où nous sommes, dans notre état. Il s’assied à la table des pécheurs, communie à leur vie, rejoint notre misère pour y mettre son Cœur. Miséricorde. Cette humanité pécheresse qu’Il a ainsi assumée dans sa propre chair, dans sa propre vie, c’est elle qu’Il vient plonger dans le bain du baptême, d’abord de repentance puis de nouvel engendrement. Ce jour-là, sous le mode sacramentel, le salut de l’humanité s’accomplit. Le Christ récapitule en Lui le salut personnel de chacun. À charge pour chacun d’accueillir, de choisir, de vivre ce salut. En germe et en plénitude, ce matin-là, la Rédemption est opérée. En Jésus de Nazareth. La Rédemption révèle l’Incarnation et la Trinité. Le Christ, dès lors, ne fera plus que la déployer dans l’histoire, d’abord en Lui puis en son Église. En notre nom, sans attendre, Il part vaincre le démon et la Tentation ; puis l’ignorance, la souffrance et la mort ; assumant l’intégralité de Mal au premier jour de sa Pâque ; l’entraînant au tombeau et jusqu’en enfer ; pour l’y laisser le troisième jour et inaugurer la vie nouvelle dans la Gloire du Père, vue dans l’Esprit. Puis, à travers la Pentecôte, Il prolongera l’œuvre du salut tout au long de l’histoire, chaque fois qu’explicitement et consciemment ou de façon inchoative, l’humanité accueille cet héritage pour lui faire porter son fruit. Vie évangélique, vie du Royaume déjà là. Comprenons que tout cela, en germe tout autant qu’en plénitude d’accomplissement, est là, présent, dans le Baptême de Jésus.
L’eau est la matrice de la vie. Elle est le signe de la grâce en laquelle l’humanité nouvelle est conçue. Ce signe, le Christ le fait don. Ce n’est plus l’eau seule, qui suffisait à la repentance. C’est l’eau et l’Esprit, l’eau devenue Esprit, sacrement, c’est-à-dire signe qui donne ce qu’il signifie – ici le pardon et la nouvelle naissance –. Non seulement le Christ emmène l’humanité dans son immersion – mort au péché, nouvel engendrement – mais il sanctifie l’eau qui devient sacrement efficace. Comprenons que, désormais, unis au Christ par notre baptême, nous sommes ses sacrements, ses signes et ses dons réels dans les évènements de nos vies. Nous sommes en toute vérité les Temples de la Trinité, prolongements de l’Incarnation du Verbe, destinés à actualiser sa Pâque. Quelle responsabilité ! Comme le Christ compte sur nous !



